The Bellwether Revivals - Benjamin Wood

Le complexe d'Eden Bellwether (éd. Zulma, traduit par Renaud Morin, 498 pp., 2014)

Campus de l'université de Cambridge, orgue, musique baroque. Voilà tout ce qu'il m'a suffit de lire sur le rabat de la couverture pour me convaincre de découvrir le roman de Benjamin Wood. 
source: zimbio.com
Et pourtant, j'avais quelques craintes de lire un énième "campus novel" de plus avec ses descriptions de fêtes estudiantines. Rien de tout cela ici, car Oscar, un des trois personnages principaux, celui par lequel l'histoire d'Eden Bellwether nous est raconté, n'est pas étudiant mais aide-soignant dans un home de la ville. Et s'il est bien invité à une petite fête d'étudiants au tout début du livre, le roman se développe ensuite beaucoup plus de son côté, sa vie à lui que celle de la pure vie "campus universitaire". 

Mais j'en oublie de vous raconter le synopsis que voici :
Alors qu'il se balade aux abords de King's College, un soir en rentrant chez lui, Oscar est attiré à l'intérieur de la chapelle par les sons de l'orgue et des chants exécutés pour l'office. A la sortie, il rencontre Iris Bellwether, une étudiante en médecine, avec laquelle il sympathise rapidement. Ils sont rejoints par Eden, le frère de celle-ci et l'organiste assistant de la chapelle. Un garçon extrêmement doué mais aussi très sûr et imbu de lui-même, persuadé de sa supériorité et de son propre génie. Eden a une passion pour la musique baroque, en particulier celle de Johann Mattheson (compositeur allemand, 1681-1764), dont il reprend la théorie émotiviste appliquée à la musique. Autrement dit, l'application des théories de Descartes à la musique, soit comment la musique peut créer des émotions et passions. Mais Eden va encore plus loin et utilise la musique pour hypnotiser et guérir les gens; il est persuadé de son pouvoir de guérison. Si Oscar et Iris tombent rapidement amoureux, ils se rendent bien compte du comportement de plus en plus instable d'Eden et décident de l'amener à consulter un psychiatre. 
source: gerardmatricali.wordpress.com
A partir de là, le roman développe son intrigue en mêlant les thèmes de la musique et de ses bienfaits (consolation, etc.), du génie et de la folie, la frontière entre les deux, la foi et le doute, la religion et la science, tout en apportant une maintenant une bonne dose de rebondissements.

Bref, j'ai beaucoup aimé même s'il y a, à mon sens, quelques longueurs. Les personnages, en particulier, m'ont beaucoup plus, surtout Oscar et son vieil ami le Dr Paulsen, un des résidents du home. Les descriptions sont fines et non pesantes lorsque Wood parle de l'université (ce qui arrive finalement assez peu).

A découvrir !
source: linsolentmag.com

Benjamin Wood (né en 1981) a grandi dans le nord-ouest de l'Angleterre, dans une maison que ses parents avaient transformé en maison de retraite. Il quitte l'école à dix-sept ans, souhaitant se consacrer à la musique comme compositeur et chanteur. Puis, il retourne à l'université, étudie l'écriture et obtient un diplôme aux Etats-Unis. Le complexe d'Eden Bellwether est son premier roman et a réçu d'excellentes critiques en Angleterre, et le prix fnac du premier roman en France.

Le billet de Cécile

(éd. Simon & Schuster, 448 pp., 2012)
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